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- Malik Bamba : "Impulstar est inspirant pour le football féminin"
Le 15 février ou le temps d’une journée, Malik Bamba - 32 ans - délaissera l’animation des enfants pour enfiler sa veste d'entraîneur. Les « 100-8 », l’équipe féminine originaire de son quartier ( Hauts-de-Seine), espère bien arriver au bout de la finale Impulstar. Les joueuses de l’équipe 100-8 avec leur entraîneur, Malik Bamba (à droite), ont réussi à se qualifier pour la finale Impulstar. Photo Impulstar Le 15 février, l’Adidas Arena – nouveau complexe sportif et culturel – accueillera la douzième édition de la finale Impulstar. Désormais reconnu comme le plus grand tournoi de football de rue d’Europe, la compétition permet aux jeunes garçons et filles âgés de 14 à 16 ans de représenter leurs départements,villes ou quartiers pour taper dans l’oeil des recruteurs. Impulstar, Malik Bamba en est un habitué. Du haut de ses 32 ans, l’animateur en centre de loisirs à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), participe à sa 4ème édition. Cette année, il entraînera les « 100-8 » - qui tire son nom de leur département - l’une des 8 équipes féminines finalistes. Impulstar est un tournoi dont les matchs se disputent à 5 contre 5. Du « streetfoot » ou foot de rue comme on l’appelle. Pour ceux qui ne sont pas familiers, quelle est la principale différence avec le football ordinaire ? "Le football ordinaire », c’est-à-dire à 11 contre 11 est un football beaucoup plus codifié. Un football où vous devez respecter les bases, les principes et les règles déjà préétablies. Le streetfoot, à l’inverse, est un football « spectacle ». Il est plus axé sur le « chambrage », le dribble, la créativité et l’expression de soi. Un football plus libre donc et dans lequel je me retrouve davantage. Après avoir coaché les équipes masculines des « 100-8 » les dernières éditions , vous êtes, cette année, devenu l’entraîneur de l’équipe féminine. Qu’est-ce qui vous a motivé à le devenir ? Dans l’école où j’anime, tout le monde se mélange. Garçons et filles jouent toujours ensemble. A l’approche d’Impulstar, nous avons sondés les deux pour savoir s’ils voulaient participer. Vu leur engouement, c’est naturellement que j’ai pris la tête de l’équipe féminine. Le terme « engouement », vous l’avez dit. Aujourd’hui un tournoi comme Impulstar qui permet aux jeunes filles d’être dans la lumière, que cela représente-t-il pour elles ? Très souvent, on les entendait râler du fait qu’il n’y ait pas d’éditions pour elles, mais maintenant avec ce tournoi, c’est chose faite. Cette année, vu l’engouement, nous aurions même pu créer 2 équipes ! Donc le football féminin commence à arriver, même si cela reste plus compliqué que pour les garçons … « Plus compliqué » .. ? Dans le sens où, malheureusement, on entend encore beaucoup d’a priori et de stéréotypes à leurs sujet : « Ce n’est pas intéressant » « C’est une fille, impossible que je la prenne dans mon équipe ! » « Elles sont nulles ». Malheureusement, comme résultats, des filles prometteuses se brident et se découragent. De là où je viens, c’est assez différent. Dans notre quartier, parfois nous organisons des tournois spécialement réservés aux filles et ça aide à déconstruire les biais. Avec la création du ballon d’or féminin en 2022 ou encore la diffusion des matchs de l’équipe de France féminine à la télévision, il y a, ces dernières années, une volonté de mettre le football féminin en valeur. Impulstar s’inscrit dans cette continuité ? C’est génial ce qu’ils font ! Après le tournoi l’an dernier, j’ai reçu des dizaines de messages de filles de mon quartier qui se proposaient pour participer l’an prochain. Certaines qui avaient même arrêtées m’ont contacté ! La compétition leur a redonné le goût du foot. Ils mettent en valeur et sont inspirant pour le football féminin. Impulstar est un événement particulier. Vous jouez sur un terrain, scrutés par des milliers de spectateurs dont des recruteurs. Positionné au bord du terrain, ressentez-vous de la nervosité chez vos joueuses ? Clairement ! Le jour J et les semaines avant, vous ressentez de la pression. Comme anecdote, j’ai une jeune fille paniquée qui m’envoie un message quotidiennement me disant : « Malik, j’ai peur, j’ai peur, j’ai peur ! ». Pour beaucoup d’entre elles, jouer devant autant de monde c’est inédit. Elles ont peur de se louper, de prendre un petit pont et de se faire afficher sur les réseaux sociaux (rires). Le stade Emile-Anthoine à Paris (VIIe), théâtre de la onzième édition d’Impulstar. Photo @Joannebellay Enfin Malik, votre équipe masculine a remporté la dernière édition du tournoi. Quelle est la recette pour gagner Impulstar ? Se faire plaisir et faire confiance aux coéquipiers. Même lorsqu’il fait une erreur, il faut l’encourager. Il faut penser collectif, groupe et que tout le monde se « tue » à la tâche. C’est la devise de notre équipe (rires). En tant que coach, gagner mais avec une joueuse malheureuse entacherait la victoire. On a déjà fait gagner les garçons, maintenant l’objectif c’est les filles et on rentrerait au quartier comme des stars (rires) !
- Avec Paul, la pomme n’est pas tombée loin du Vannier
Elevé par un père militant d’extrême-gauche, Paul Vannier - l’homme de confiance de Jean-Luc Mélenchon - baigne depuis l’enfance dans la politique. Aujourd’hui député (LFI-NUPES) de la circonscription Argenteuil-Bezons (Val d’Oise), la pomme n’est pas tombée loin de l'arbre et continue de mûrir à gauche. Le député Paul Vannier (LFI-NUPES) de la circonscription Argenteuil-Bezons, répond à mes questions dans son bureau de l'Assemblée nationale, le 14 décembre 2023. Photo Clémence Foucault/ service communication de Paul Vannier. « Au quotidien, j’ai peu de moyens d’aider les habitants d’Argenteuil et Bezons » En s’adressant aux habitants de sa circonscription, le député LFI-NUPES, Paul Vannier annonce immédiatement la couleur. A l'image de son mentor Jean-Luc Mélenchon, le nouvel élu de 38 ans est un adepte du franc-parler. «A l’échelle locale, je n’ai qu’un pouvoir d’interpellation et de dénonciation. Mes pouvoirs sont limités et je ne préfère pas faire d’engagements que je ne pourrais tenir." admet-il. Une victoire sous les acclamations. Le 19 juin 2022, quelques minutes après les résultats des élections législatives, Paul Vannier et ses collaborateurs arrivaient dans la mairie d’Argenteuil sous les ovations de leurs partisans. Le candidat LFI-NUPES, l’emporte largement avec 63,7% contre la députée sortante Fiona Lazaar (Ensemble). Bien qu’attendu, ce résultat représente un nouveau souffle sur la circonscription d’Argenteuil-Bezons. Pendant plus de 20 ans, la circonscription a été le théâtre de la rivalité entre Philippe Doucet (PS) et Georges Mothron (LR). Avec les élections de Fiona Lazaar en 2017 et plus récemment de Paul Vannier en 2022, un nouveau rideau se lève sur ces deux villes. L'homme de confiance de Jean-Luc Mélenchon «Avec Jean-Luc Mélenchon, nous sommes très proches » confie le politicien. Aujourd’hui, Paul Vannier est « l’homme à tout faire » des Insoumis. Député, conseiller régional d’Ile-de-France et membre de la direction du parti, il est l’un des hommes de confiance de Jean-Luc Mélenchon. Une relation, qui remonte à bien longtemps. 2008. Jean-Luc Mélenchon décide de quitter le Parti Socialiste pour fonder son propre parti, le Parti de gauche. Le politicien annonce à la radio, convier ses sympathisants à un meeting fondateur à Ile-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Plus de 1000 hommes et femmes font le déplacement, avec parmi eux, le jeune Paul Vannier. Agé de la vingtaine, le jeune homme s’intéresse déjà à la politique. Un intérêt transmis par son père. « Mon père était un militant politique d’extrême-gauche, une gauche … très particulière.» admet en souriant le député. « Une gauche trotskiste, si vous voulez savoir. Il était un syndicat et militant très engagé. Régulièrement, il invitait des camarades chez nous pour débattre de sujets politiques. A mes 10 ans, il m’emmenait déjà en meeting avec lui. Assurément, il a joué un rôle très important en m’initiant à la politique. ». reconnaît l’élu de 38 ans. Des années plus tard, la pomme n’est pas tombée loin du Vannier. Le jeune Paul se retrouve également dans les valeurs de gauche. Cependant il opte pour l’approche « différente » et « moins extrême » de Jean-Luc Mélenchon. Immédiatement, il est séduit par « la clarté de son propos et le ton singulier de son discours ». Un discours « frais», « différent », selon Paul Vannier, dans lequel il se retrouve. Seulement quelques jours plus tard, il prendra la décision d’adhérer pour la première fois à un parti politique - celui de son mentor - Jean-Luc Mélenchon. 15 ans après - le toujours jeune – Paul Vannier a gravi les échelons du parti. Il intègre la direction de LFI et bénéficie de la confiance du leader des Insoumis. En parallèle, Paul Vannier est professeur d’Histoire-Géographie. Il aide le chef de parti à rédiger le programme éducation de sa campagne de 2017. D'enfant du Val-de-Marne à député du Val d'Oise A l’origine, Paul Vannier a peu d’attaches avec cette circonscription. Fils d’un père agent à EDF et d’une mère professeure de musique , il naît en 1985 à Vitry-sur-Seine et grandit dans le Val-de-Marne. En 2021, il démarre sa carrière politique dans le Val d’Oise. A l’époque, tête de liste départementale - en pleine campagne, une entreprise attire son attention : PPG Bezons. L’usine - productrice de mastic pour les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique - annonce sa fermeture et la délocalisation de sa production. La veille de Noël, plus de 200 salariés retrouvent au pieds de leur sapin une lettre de licenciement. Le sort était déjà scellé pour les ouvriers, mais ce moment précis va encourager Paul Vannier à prolonger son « combat » dans la région. « Il faisait sens pour moi, à partir de ce combat, de poursuivre ma présence sur Argenteuil et Bezons. » exprime le député « J’ai continué à y militer et les Insoumis de la circonscription m’ont fait l’honneur d’être leur candidat aux élections législatives. » . Avant d’être un enfant du Val-de-Marne ou aujourd’hui, un député du Val d’Oise, Paul Vannier se revendique comme un francilien avant tout. "J’ai vécu, j’ai étudié, j’ai travaillé dans la quasi totalité de l’Ile-de-France, ce qui fait que je me considère comme un francilien."
- Les médias traditionnels menacés par les nouveaux médias du web ?
Accréditations, organisation d'événements communautaires: autrefois "petits", les médias nés depuis la naissance d'Internet, prennent de plus en plus d'importance. Ils bousculent les médias traditionnels, au point de représenter une menace pour eux ?
- La révolution des nouveaux médias sportifs
Nouveaux moyens de s’informer, les « médias sportifs d’Internet » ou médias sportifs émergents - nés après l'arrivée du web - tentent de se faire leur place dans le paysage médiatique. Une tâche complexe, vue la précarité qu’ils rencontrent. Crédits Adobe Stock. 22h45. Le coup de sifflet final de l’affiche entre le Paris Saint-Germain et le FC Barcelone a retenti. Christopher a vu son équipe favorite, le FC Barcelone, s’imposer 3 buts à 2 sur la pelouse du Parc des Princes. Une satisfaction mais c’est loin d’être la fin pour lui. « Après le match, le débrief du match ! » annonce-t-il. La soirée ne s’arrête pas là pour le jeune homme de 25 ans. Passionné de football depuis sa tendre enfance, suivre les réactions d’après-match est devenu un « rituel » pour lui. Après chaque rencontre, il suit méticuleusement les analyses des consultants, scrute les déclarations chocs et les dernières informations. Un « rite de passage nécessaire » pour cet amoureux de football. « Après chaque match, je regarde des émissions qui suivent la rencontre qui s’est terminée. Essentiellement, l’After Foot ou l’Equipe du Soir ». Fan de débats, le choix de sa télécommande se porte, le plus souvent, sur les références d’émissions sportives en France. Cependant, dernièrement, Christopher opte pour un autre support : le media ActuFoot sur X (anciennement Twitter). Le compte « relai d’informations » partage les dernières nouvelles et réactions football, en couvrant l’ensemble des 5 grands championnats européens, en 280 caractères – caractéristique de X. Mastodonte, le media français comptabilise plus de 7 millions d’abonnés sur la plateforme américaine. Parmi eux, Christopher qui affectionne le média. «Ici, ce que j’apprécie est le fait que l’information est condensée et rapide », avance le fan du club catalan. « Je peux y avoir facilement accès directement depuis mon téléphone et ça représente une grande différence avec les médias traditionnels. ». Christopher Actu Foot rentre dans cette catégorie de « médias sportifs émergents ». Des nouveaux médias et supports, nés après l'arrivée d'Internet, où consommer de l’information. Des médias « d’Internet ». Ces médias sportifs émergents peuvent concurrencer les médias traditionnels mais se concurrencent également entre eux. Face à cette rude compétition, il est important «de se démarquer et d’apporter de la plus-value à son concept » affirme Benjamin Moubeche, journaliste sportif et animateur du podcast Moub Deep pour BasketSessions. Des médias souvent précaires Une partie de l’équipe de Touchdown Actu, rassemblée à Paris. Photo par Alain Mattei Rédacteur en chef du media Touchdown Actu, référence du football américain en France, Alain Mattei jongle entre plusieurs occupations. Au planning, à la gestion ou s’occupant des comptes, finalement, ce quarantenaire de province s’occupe de tout dans sa rédaction sauf du journalisme ! Il doit multiplier les tâches pour s’occuper du bon fonctionnement de leur site web, leur podcasts et leurs réseaux sociaux à la fois. « C’est le principal souci lorsque vous lancez votre propre media », concède-t-il souriant. « Vous devez vous occupez d’énormément de tâches à la fois. Finalement, j’ai davantage un rôle de gestion que de journaliste mais ça me plaît ». Au total, 30 membres font partie de rédaction de Touchdown Actu, dont la majorité de contributeurs. Ce chiffre, qui peut sembler faible, n’est pas plus élevé ailleurs. Trashtalk ou First Team, deux médias qui partagent l’amour des sports US possèdent aux alentours de 10 employés. Le manque d’effectif représente l’un des principaux enjeux pour ces nouveaux médias. First Team : se démarquer par le visuel et les invités Erwan Abautret, cofondateur du media First Team, sur le plateau du « First Day Show ». Photo Jérémy Raharifidy-Barbe/First Team Se démarquer, First Team l’a bien compris. Avec 120 000 abonnés sur Twitter et 160 000 sur leur page Youtube, le media lancé par les anciens joueurs semi-professionnels , Erwan Abautret et Thomas Dufant, représente l’un des plus grands médias baskets français. Leur objectif ? « Proposer une émission télé avec les codes du numérique » déclare Jeremy Raharifidy—Barbe, brand content manager pour le media. A First Team, Jérémy se charge de « développer la stratégie de visibilité et d’image » du groupe. En poste depuis 3 ans, il occupe plusieurs casquettes. Autant la communication sur les réseaux sociaux que quelques tâches de graphisme. Depuis 2016, date de création du media, l’équipe First Team analyse et débriefe l’actualité NBA lors de leur émission bi-hebdomadaire « First Day Show » où le débat et l’opinion sont placés au centre. « First Day Show » essaye de se différencier par son visuel. Décor soigné et production léchée, le media reprend les codes « esthétiques » de la télévision tout en gardant «l’interactivité» via la présence du tchat – principe clé d’Internet. Autre élément important – l’avis d’experts. Avec Nicolas Batum, Kevin Séraphin ou encore Stephen Brun comme invités réguliers, First Team est le média basket prisé des joueurs en activité et anciens joueurs. Assurément une « plus-value » pour le brand content manager du groupe. « En invitant ces joueurs, nous bénéficions d’informations exclusives de coulisses et d’anecdotes de la NBA. Avoir de tels invités donne du poids à la qualité de l’émission. » Le web, moins attrayant ? Alexandre Martin (à gauche) et Bastien Fontanieu (à droite) sont les cofondateurs du media Trashtalk, référence basket en France. Image Trashtalk, le 14 mars 2020. « Aujourd’hui faire vivre un site Internet, c’est pas si facile », regrette Alexandre Martin. Cofondateur de Trashtalk, media basket n°1 en France, Alexandre est confronté au même problème que ses pairs. La jeunesse fuirait-elle le web ? Presque paradoxal, ces médias nés sur Internet, éprouvent des difficultés à faire subsister la presse digitale. « Les jeunes préfèrent consommer des vidéos pendants 2 minutes que de lire un article. L’info est de moins bonne qualité et c’est regrettable. » explique celui qu’on surnomme « Alex ». Cependant, il écarte catégoriquement l’idée d'abandonner le format. « Nous trouverons des moyens de nous adapter, abandonner le site Trashtalk n’est pas envisageable » confie-t-il. A l’inverse, d’autres médias ont quitté le navire. First Team, évoqué plus tôt, n’alimente plus son site depuis 2018. Depuis désormais 6 ans, le site est laissé à l’abandon. La raison : un manque de rentabilité selon leur brand content manager. « Aujourd’hui des plateformes comme Instagram ou Tiktok sont beaucoup plus rentables que le web », avance-t-il , « Ces supports se prêtent à l’incarnation, volonté de First Team ». conclut Jérémy.
- Les médias français frappés par la "Wembamania"
Avant de traverser l'Atlantique et de montrer ses talents au monde, c'est en France que la "Wembamania" est née. Les observateurs du milieu reviennent en détail, sur cette saison "si particulière" à suivre. Victor Wembanyama, avant le match 3 des finales du championnat de France entre Monaco et le Metropolitans 92 de Boulogne-Levallois, à Paris, le 15 juin 2023. Photo Anne-Christine Poujoulat / AFP "Tous mes collègues m'ont dit qu'ils n'avaient jamais vu ça en 15 ans de métier." Lukas Nicot, commentateur de Betclic Elite. Guichets fermés, maillots qui s'arrachent, audiences en hausse de 20%*. La Betclic Elite (première division de basket français) s'est prise de plein fouet la "Wembamania". Ce terme désigne l'engouement provoqué par le jeune basketteur français cette saison, du jamais vu. Le raz-de-marée Wembanyama Pour sa dernière saison en Europe, celui qu'on surnomme "Wemby", a remporté toutes les distinctions individuelles. L'intérieur est élu meilleur joueur, meilleur contreur, meilleur défenseur, meilleur jeune et meilleur marqueur du championnat. Dans le même temps, il devient aussi une attraction médiatique qui attire les yeux du monde entier. Au plus près du phénomène, Lukas Nicot. Le commentateur de Betclic Elite a suivi toute la saison l'engouement autour de la star française. Le point déclencheur selon lui ? "Son voyage aux Etats-Unis a vraiment tout changé." assure-t-il Début octobre 2022, les Metropolitans de Victor Wembanyama effectuent une tournée promotionnelle à Las Vegas aux Etats-Unis. L'objectif est de mieux le faire connaître du public américain. Il se distingue avec deux excellentes performances, de 37 puis 36 points, contre la G-League Ignite (équipe dans la ligue de développement NBA). "A partir du moment où il est rentré de Las Vegas, les grands médias français ont commencé à s’intéresser au phénomène et les salles ont commencé à se remplir. " exprime le commentateur Une "explosion" qui n'arrive que lors de sa troisième saison en France. Le journaliste regrette le manque de médiatisation plus tôt autour du phénomène. « Ne pas réussir à capter un phénomène du début à la fin c'est regrettable. Le basket français doit grandir. Nous n’aurons pas des Victor toutes les années mais nous devons progresser dans la médiatisation d’une équipe ou d’un joueur du début à la fin." L'avenir sans Victor ? Si cette saison, la Betclic Elite a regagné en attractivité grâce à "Wemby", qu'adviendra-t-il après son départ ? Peut-on s'attendre à une baisse d'audiences ? Le spécialiste se veut optimiste : "Je pense qu’elle sera toujours attractive de par les joueurs dans le championnat. L’engouement dans le basket français grandit aussi de plus en plus. Maintenant le tournant est toujours médiatique. Il va falloir bien vendre son produit." conclut Lukas Nicot
- Mike Laviolle: "En France et en Amérique, les médias sont considérés différemment"
Depuis 5 ans, Mike Laviolle vit au plus près de sa passion, les sports américains. Le journaliste pigiste couvre l'actualité des équipes canadiennes. Dans un entretien, il évoque les différences dans la conception du journalisme en France et en Amérique. Mike Laviolle (à droite) lors de la soirée des journalistes pour l’ouverture des finales NBA à Toronto en 2019. Photo Mike Laviolle Tu as eu la chance d’être journaliste en France mais aussi au Canada. As-tu observé des différences dans les deux conceptions du journalisme sportif ? La grande différence, pour moi, c’est la manière de considérer les médias. Les ligues et les équipes marchent vraiment main dans la main avec les médias et savent qu’elles en ont besoin pour communiquer, et ça même avec les petits. La France, c’est différent, c’est un système plus élitiste avec le système de cartes de presse. " Lorsque tu travaillais en France, as-tu rencontré des difficultés liées à cela ? Moi qui suis de la région lyonnaise par exemple, si j'étais resté, il aurait été très compliqué de recevoir les accréditations pour couvrir l'OL. Pour les Toronto Raptors (équipe NBA) , c'est l'inverse. Je travaillais simplement pour un site français et j'ai eu le même accès que les plus grands journalistes : l'accès au vestiaire et aux joueurs. Je dirais qu'ils t’ouvrent beaucoup plus facilement les portes à partir du moment où tu démontres que tu es un média. Ce qui est intéressant en Amérique, c’est la proximité entre joueurs et journalistes. Il est possible de les interviewer directement à la sortie du vestiaire. Gardes tu une anecdote marquante d’un de ces passages ? Une anecdote qui me vient en tête concerne Serge Ibaka. Lorsqu’il jouait pour Toronto (2016-2020), quelque chose était connu de tous les journalistes ! C'était impossible de l’avoir pour les interviews dans le vestiaire. A chaque fois, il prenait 2 heures pour se préparer (rires). La seule fois où j’ai pu l’avoir c’est lorsque Jeremy Lin est arrivé. Pour son intronisation en 2019, sa conférence de presse avait duré 45 minutes. Logiquement on ne s'attendait plus à trouver aucun joueur dans les vestiaires mais …. Serge Ibaka était toujours là ! Donc c’est l’une des seules fois où j’ai pu l’avoir (rires).
- Benjamin Bernard : "Je ne sais pas si je continuerai jusqu'à ma retraite"
Présentateur phare des sports US (MLB, NBA et NFL) sur beIN Sports, Benjamin Bernard se confie sur son expérience et son avenir de journaliste sportif. Benjamin Bernard à la présentation d'une émission sur beIN Sports. / Photo Panoramic* De par ses lancements "TOUCHDOWN" ou son entrain au micro, Benjamin Bernard est devenu la voix qui berce les nuits des amoureux de sports US en France. Chaque dimanche, le journaliste anime l'émission "Red Zone" sur beIN Sports - l'équivalent d'un multiplex au football américain. Un programme qu'il présente depuis dix ans maintenant, mais un amour pour le sport et la NFL qui le suivent depuis bien plus longtemps. "Comme beaucoup de gamins fans de sports, j’ai commencé le sport par le foot étant gamin. " débute-t-il pour expliquer sa passion pour le sport. "Après, je me suis intéressé à tout et les circonstances ont fait que j’ai eu cette appétence pour d’autres sports. Ma famille ne jure que par le volley, donc je m’y suis intéressé. Mes meilleurs potes de collège étaient fans de basket, donc ils m’ont fait tombé dans la NBA et j’ai ensuite découvert de moi-même la NFL, la MLB." Avec des connaissances aussi bien en volley, en football que dans les sports US, Benjamin Bernard représente donc un profil de "couteau suisse". Un avantage pour se faire sa place dans le milieu. "Quand j’ai commencé ce métier, j’avais cette chance d’aimer beaucoup de sports différents et donc de pouvoir bosser selon les besoins des employeurs." affirme le présentateur. "Je ne suis pas sûr de continuer jusqu’à la retraite" L'une des contraintes de son métier: les horaires ! Benjamin Bernard vit sur le rythme américain et couvre des rencontres très tardives (matchs après 1H) . Ainsi, il admet la difficulté d'organiser sa vie familiale lorsqu'on vit sur un autre rythme. "C’est compliqué ! " révèle le présentateur. "J’ai la chance d’avoir une femme merveilleuse, journaliste elle aussi, et qui donc comprend les contraintes du métier et ne m’en tient pas rigueur même si je sais que c’est aussi parfois compliqué pour elle." Jeune père de famille, Benjamin Bernard doit aussi trouver du temps pour son fils. "On essaie d’être le plus présent pour notre fils, parce que, oui, je travaille souvent la nuit, le week-end, mais j’ai aussi plus de temps à la maison en semaine que d’autres parents probablement." Une question se pose alors: à cause de cette contrainte, se projette-t-il encore longtemps dans ce métier ? "En toute sincérité, oui et non. Il y a plein de choses magiques dans ce métier, mais aussi plein de choses qui vous usent à la longue. D’où, dans un coin de ma tête, le fait de savoir qu’il y a un vrai pourcentage de chances que je ne fasse pas ça jusqu’à la retraite. " "Après, est-ce que je resterai dans ce milieu, à un poste différent ? Est-ce que je ferai complètement autre chose ? Je ne sais pas, l’avenir nous le dira !" conclut le spécialiste.
- Devenir journaliste sportif
Compétences, formations requises: présentation d'ensemble du métier de journaliste sportif. "Sur 60 000 journalistes en France, a peine 3 000 sont des journalistes sportifs." Le Parisien Le métier de journaliste sportif a pour but la couverture médiatique d'événements et rencontres sportives. C'est une spécialisation très populaire dans le secteur du journalisme mais où les places sont chères. Sur 60 000 journalistes en France, seulement 3 000 d'entre eux sont des journalistes sportifs. (Le Parisien*) "Si ce métier est avant tout un métier de passion, une grande maîtrise des codes journalistiques est nécessaire. Un diplôme d'abord de journaliste généraliste (bac+3) est donc un atout considérable." (site IICP*) Il est donc recommandé de suivre une formation, généralement accessible en master dans l'une des 14 écoles de journalisme reconnues par la profession (Narratiiv etc.). La profession peut s'exercer sous différents formats comme la presse écrite et on-line, la radio ou encore la télévision. Doté d'une bonne culture sportive, le journaliste sportif doit connaître sur le bout des doigts sa discipline et son règlement. Il peut décider de traiter du sport dans son ensemble ou se spécialiser dans certaines disciplines. Un journaliste sportif se doit de posséder d'excellentes capacités rédactionnelles ainsi qu'un très bon sens d'analyse. Il se doit aussi d'être curieux, réactif, polyvalent et pouvoir s'adapter rapidement. L'importance de se démarquer La concurrence est rude dans le journalisme sportif, les places sont chères. La question se pose alors: comment s'assurer de trouver un emploi à la sortie de son diplôme ? Lukas Nicot, journaliste depuis une dizaine d'années, se livre sur son expérience et sur l'importance de se démarquer. Paysage médiatique "L’insertion professionnelle reste difficile pour un journaliste sportif, même si les chaînes télé et les stations radio se sont remarquablement développées. Parmi les plus connues, on distingue beIN Sports, Téléfoot, France Télévisions, RMC, RFI, RTL..." (source*) Un journaliste sportif ne peut pas prétendre à des horaires de bureau. Pour assurer la couverture médiatique des évènements sportifs, le journaliste sportif peut travailler de nuit, le weekend et certains jours fériés. Les médias cités proposent par exemple plusieurs émissions tardives ou le week-end (matchs NBA, After foot etc.). Ces groupes font partie des principaux employeurs pour les journalistes sportifs Le monopole l'Equipe Il est impossible d'évoquer le journalisme sportif en France sans parler du media l'Equipe. Le media possède le monopole de la presse quotidienne sportive en France. Le quotidien est le 3ème journal le plus paru en France (200 000 tirages quotidien en 2022 selon l'ACPM* ). L'Equipe est un groupe pluri media. Il est présent sous format papier, sur Internet et également à la télévision avec la chaîne l'Equipe 21. Le groupe représente le plus grand media sportif français. Une profession en chiffres Environ 3 000 journalistes sportifs en France. Le salaire d’un journaliste sportif débutant se situe aux alentours de 1500 € brut par mois. "Tous salaires confondus, il est de 3504 € nets par mois pour les hommes et de 3205 € nets par mois pour les femmes en moyenne, soit une différence de 9 %"(https://www.orientation.com/metiers/journaliste-sportif) Selon le journal Le Monde, 14% de la profession est composée de femmes.* Près de 75% des journalistes actifs dans le domaine du sport sont salariés dans une rédaction, une société de production télévisuelle, une radio ou travaillent pour le compte d’un média en ligne. Les 25% restants sont des pigistes. (source)








