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La révolution des nouveaux médias sportifs

  • 13 mai 2024
  • 4 min de lecture

Nouveaux moyens de s’informer, les « médias sportifs d’Internet » ou médias sportifs émergents - nés après l'arrivée du web - tentent de se faire leur place dans le paysage médiatique. Une tâche complexe, vue la précarité qu’ils rencontrent.


Crédits Adobe Stock.


22h45. Le coup de sifflet final de l’affiche entre le Paris Saint-Germain et le FC Barcelone a retenti. Christopher a vu son équipe favorite, le FC Barcelone, s’imposer 3 buts à 2 sur la pelouse du Parc des Princes. Une satisfaction mais c’est loin d’être la fin pour lui. « Après le match, le débrief du match ! » annonce-t-il. La soirée ne s’arrête pas là pour le jeune homme de 25 ans. Passionné de football depuis sa tendre enfance, suivre les réactions d’après-match est devenu un « rituel » pour lui. Après chaque rencontre, il suit méticuleusement les analyses des consultants, scrute les déclarations chocs et les dernières informations.


Un « rite de passage nécessaire » pour cet amoureux de football. « Après chaque match, je regarde des émissions qui suivent la rencontre qui s’est terminée. Essentiellement, l’After Foot ou l’Equipe du Soir ». Fan de débats, le choix de sa télécommande se porte, le plus souvent, sur les références d’émissions sportives en France. Cependant, dernièrement, Christopher opte pour un autre support : le media ActuFoot sur X (anciennement Twitter).


 Le compte « relai d’informations » partage les dernières nouvelles et réactions football, en couvrant l’ensemble des 5 grands championnats européens, en 280 caractères – caractéristique de X. Mastodonte, le media français comptabilise plus de 7 millions d’abonnés sur la plateforme américaine. Parmi eux, Christopher qui affectionne le média. «Ici, ce que j’apprécie est le fait que l’information est condensée et rapide », avance le fan du club catalan.


« Je peux y avoir facilement accès directement depuis mon téléphone et ça représente une grande différence avec les médias traditionnels. ». Christopher

Actu Foot rentre dans cette catégorie de « médias sportifs émergents ». Des nouveaux médias et supports, nés après l'arrivée d'Internet, où consommer de l’information. Des médias « d’Internet ». Ces médias sportifs émergents peuvent concurrencer les médias traditionnels mais se concurrencent également entre eux. Face à cette rude compétition, il est important «de se démarquer et d’apporter de la plus-value à son concept » affirme Benjamin Moubeche, journaliste sportif et animateur du podcast Moub Deep pour BasketSessions.



Des médias souvent précaires


Une partie de l’équipe de Touchdown Actu, rassemblée à Paris. Photo par Alain Mattei


Rédacteur en chef du media Touchdown Actu, référence du football américain en France, Alain Mattei jongle entre plusieurs occupations. Au planning, à la gestion ou s’occupant des comptes, finalement, ce quarantenaire de province s’occupe de tout dans sa rédaction sauf du journalisme !


Il doit multiplier les tâches pour s’occuper du bon fonctionnement de leur site web, leur podcasts et leurs réseaux sociaux à la fois. « C’est le principal souci lorsque vous lancez votre propre media », concède-t-il souriant.


« Vous devez vous occupez d’énormément de tâches à la fois. Finalement, j’ai davantage un rôle de gestion que de journaliste mais ça me plaît ».

Au total, 30 membres font partie de rédaction de Touchdown Actu, dont la majorité de contributeurs. Ce chiffre, qui peut sembler faible, n’est pas plus élevé ailleurs. Trashtalk ou First Team, deux médias qui partagent l’amour des sports US possèdent aux alentours de 10 employés. Le manque d’effectif représente l’un des principaux enjeux pour ces nouveaux médias.



First Team : se démarquer par le visuel et les invités


Erwan Abautret, cofondateur du media First Team, sur le plateau du « First Day Show ». Photo Jérémy Raharifidy-Barbe/First Team


Se démarquer, First Team l’a bien compris. Avec 120 000 abonnés sur Twitter et 160 000 sur leur page Youtube, le media lancé par les anciens joueurs semi-professionnels , Erwan Abautret et Thomas Dufant, représente l’un des plus grands médias baskets français. Leur objectif ? « Proposer une émission télé avec les codes du numérique » déclare Jeremy Raharifidy—Barbe, brand content manager pour le media.


A First Team, Jérémy se charge de « développer la stratégie de visibilité et d’image » du groupe. En poste depuis 3 ans, il occupe plusieurs casquettes. Autant la communication sur les réseaux sociaux que quelques tâches de graphisme.


Depuis 2016, date de création du media, l’équipe First Team analyse et débriefe l’actualité NBA lors de leur émission bi-hebdomadaire « First Day Show » où le débat et l’opinion sont placés au centre. « First Day Show » essaye de se différencier par son visuel. Décor soigné et production léchée, le media reprend les codes « esthétiques » de la télévision tout en gardant «l’interactivité» via la présence du tchat – principe clé d’Internet.


Autre élément important – l’avis d’experts. Avec Nicolas Batum, Kevin Séraphin ou encore Stephen Brun comme invités réguliers, First Team est le média basket prisé des joueurs en activité et anciens joueurs. Assurément une « plus-value » pour le brand content manager du groupe.


« En invitant ces joueurs, nous bénéficions d’informations exclusives de coulisses et d’anecdotes de la NBA. Avoir de tels invités donne du poids à la qualité de l’émission. »

Le web, moins attrayant ?


Alexandre Martin (à gauche) et Bastien Fontanieu (à droite) sont les cofondateurs du media Trashtalk, référence basket en France. Image Trashtalk, le 14 mars 2020.


« Aujourd’hui faire vivre un site Internet, c’est pas si facile », regrette Alexandre Martin. Cofondateur de Trashtalk, media basket n°1 en France, Alexandre est confronté au même problème que ses pairs. La jeunesse fuirait-elle le web ? Presque paradoxal, ces médias nés sur Internet, éprouvent des difficultés à faire subsister la presse digitale. « Les jeunes préfèrent consommer des vidéos pendants 2 minutes que de lire un article. L’info est de moins bonne qualité et c’est regrettable. » explique celui qu’on surnomme « Alex ». Cependant, il écarte catégoriquement l’idée d'abandonner le format. « Nous trouverons des moyens de nous adapter, abandonner le site Trashtalk n’est pas envisageable » confie-t-il.


A l’inverse, d’autres médias ont quitté le navire. First Team, évoqué plus tôt, n’alimente plus son site depuis 2018. Depuis désormais 6 ans, le site est laissé à l’abandon. La raison : un manque de rentabilité selon leur brand content manager. « Aujourd’hui des plateformes comme Instagram ou Tiktok sont beaucoup plus rentables que le web », avance-t-il , « Ces supports se prêtent à l’incarnation, volonté de First Team ». conclut Jérémy.




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