Malik Bamba : "Impulstar est inspirant pour le football féminin"
- 28 mars 2024
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 13 mai 2024
Le 15 février ou le temps d’une journée, Malik Bamba - 32 ans - délaissera l’animation des enfants pour enfiler sa veste d'entraîneur. Les « 100-8 », l’équipe féminine originaire de son quartier ( Hauts-de-Seine), espère bien arriver au bout de la finale Impulstar.

Les joueuses de l’équipe 100-8 avec leur entraîneur, Malik Bamba (à droite), ont réussi à se qualifier pour la finale Impulstar. Photo Impulstar
Le 15 février, l’Adidas Arena – nouveau complexe sportif et culturel – accueillera la douzième édition de la finale Impulstar. Désormais reconnu comme le plus grand tournoi de football de rue d’Europe, la compétition permet aux jeunes garçons et filles âgés de 14 à 16 ans de représenter leurs départements,villes ou quartiers pour taper dans l’oeil des recruteurs. Impulstar, Malik Bamba en est un habitué. Du haut de ses 32 ans, l’animateur en centre de loisirs à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), participe à sa 4ème édition. Cette année, il entraînera les « 100-8 » - qui tire son nom de leur département - l’une des 8 équipes féminines finalistes.
Impulstar est un tournoi dont les matchs se disputent à 5 contre 5. Du « streetfoot » ou foot de rue comme on l’appelle. Pour ceux qui ne sont pas familiers, quelle est la principale différence avec le football ordinaire ?
"Le football ordinaire », c’est-à-dire à 11 contre 11 est un football beaucoup plus codifié. Un football où vous devez respecter les bases, les principes et les règles déjà préétablies. Le streetfoot, à l’inverse, est un football « spectacle ». Il est plus axé sur le « chambrage », le dribble, la créativité et l’expression de soi. Un football plus libre donc et dans lequel je me retrouve davantage.
Après avoir coaché les équipes masculines des « 100-8 » les dernières éditions , vous êtes, cette année, devenu l’entraîneur de l’équipe féminine. Qu’est-ce qui vous a motivé à le devenir ?
Dans l’école où j’anime, tout le monde se mélange. Garçons et filles jouent toujours ensemble. A l’approche d’Impulstar, nous avons sondés les deux pour savoir s’ils voulaient participer. Vu leur engouement, c’est naturellement que j’ai pris la tête de l’équipe féminine.
Le terme « engouement », vous l’avez dit. Aujourd’hui un tournoi comme Impulstar qui permet aux jeunes filles d’être dans la lumière, que cela représente-t-il pour elles ?
Très souvent, on les entendait râler du fait qu’il n’y ait pas d’éditions pour elles, mais maintenant avec ce tournoi, c’est chose faite. Cette année, vu l’engouement, nous aurions même pu créer 2 équipes ! Donc le football féminin commence à arriver, même si cela reste plus compliqué que pour les garçons …
« Plus compliqué » .. ?
Dans le sens où, malheureusement, on entend encore beaucoup d’a priori et de stéréotypes à leurs sujet : « Ce n’est pas intéressant » « C’est une fille, impossible que je la prenne dans mon équipe ! » « Elles sont nulles ». Malheureusement, comme résultats, des filles prometteuses se brident et se découragent. De là où je viens, c’est assez différent. Dans notre quartier, parfois nous organisons des tournois spécialement réservés aux filles et ça aide à déconstruire les biais.
Avec la création du ballon d’or féminin en 2022 ou encore la diffusion des matchs de l’équipe de France féminine à la télévision, il y a, ces dernières années, une volonté de mettre le football féminin en valeur. Impulstar s’inscrit dans cette continuité ?
C’est génial ce qu’ils font ! Après le tournoi l’an dernier, j’ai reçu des dizaines de messages de filles de mon quartier qui se proposaient pour participer l’an prochain. Certaines qui avaient même arrêtées m’ont contacté ! La compétition leur a redonné le goût du foot. Ils mettent en valeur et sont inspirant pour le football féminin.
Impulstar est un événement particulier. Vous jouez sur un terrain, scrutés par des milliers de spectateurs dont des recruteurs. Positionné au bord du terrain, ressentez-vous de la nervosité chez vos joueuses ?
Clairement ! Le jour J et les semaines avant, vous ressentez de la pression. Comme anecdote, j’ai une jeune fille paniquée qui m’envoie un message quotidiennement me disant : « Malik, j’ai peur, j’ai peur, j’ai peur ! ». Pour beaucoup d’entre elles, jouer devant autant de monde c’est inédit. Elles ont peur de se louper, de prendre un petit pont et de se faire afficher sur les réseaux sociaux (rires).

Le stade Emile-Anthoine à Paris (VIIe), théâtre de la onzième édition d’Impulstar. Photo @Joannebellay
Enfin Malik, votre équipe masculine a remporté la dernière édition du tournoi. Quelle est la recette pour gagner Impulstar ?
Se faire plaisir et faire confiance aux coéquipiers. Même lorsqu’il fait une erreur, il faut l’encourager. Il faut penser collectif, groupe et que tout le monde se « tue » à la tâche. C’est la devise de notre équipe (rires). En tant que coach, gagner mais avec une joueuse malheureuse entacherait la victoire. On a déjà fait gagner les garçons, maintenant l’objectif c’est les filles et on rentrerait au quartier comme des stars (rires) !




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